De la conscience du moi, au moi-esprit...
Une précision : Le titre de cette citation n'est pas un titre de chapitre, ni de paragraphe, mais seulement l'indication du thème choisi pour cet extrait.
Il a été question dans l'ouvrage d'où sont tirés ces passages, avant d'en arriver là, des corps physique, éthérique et astral... et (de ce qui nécessite au moins une petite citation) du 4ème élément de la nature humaine le moi...
Il a été question aussi de l'âme... L'âme de sensibilité, l'âme d'entendement (de cœur ou de raison), nous voilà à la 3ème activité de l'âme...
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Il y a dans toute langue un mot, un seul, qui se distingue essentiellement de tous les autres ; c'est le mot "moi".
.../... Si l'on veut absolument user d'une comparaison, on peut dire que le Moi a le même rapport avec la Divinité que la goutte d'eau avec la mer. L'homme peut déceler en lui un élément divin parce que sa nature la plus intime est issue de la Divinité.
Par cette troisième activité de son âme, l'homme parvient donc à une connaissance intérieure de son propre être, de même qu'il acquiert par son corps astral une connaissance du monde extérieur. C'est pourquoi la science spirituelle appelle "âme de conscience" ce troisième élément de l'âme ; .../...
C'est dans l'âme de conscience seulement que se dévoile la véritable nature du Moi. Car, par le sentiment et l'entendement, l'âme se perd dans le monde extérieur, tandis qu'elle saisit sa propre entité en tant qu'âme de conscience. C'est pourquoi le Moi ne peut être perçu par celle-ci qu'au moyen d'une certaine activité intérieure. Les représentations d'objets extérieurs se forment d'après la façon dont ces objets se présentent et leur action se prolonge dans l'entendement par leur propre force. Mais si le Moi doit se percevoir lui-même, il ne suffit pas qu'il se manifeste ; il lui faut d'abord, par une activité intérieure, tirer son entité de ses propres profondeurs pour en avoir ainsi conscience. La perception du Moi - la conscience de soi -marque le début d'une activité intérieure du Moi. Du fait de cette activité, la perception du Moi dans l'âme de conscience a pour l'être humain, une tout autre signification que l'observation de tout ce qui pénètre jusqu'à lui à travers ses trois éléments corporels et ses deux autres éléments psychiques. La force par laquelle le Moi se révèle dans l'âme de conscience est certes la même que celle qui se révèle dans tout le reste de l'univers. Elle n'apparaît pourtant pas directement dans le corps et les éléments inférieurs de l'âme, mais s'y manifeste graduellement par ses effets.
L'échelon le plus bas de cette manifestation, c'est le corps physique, puis elle s'élève par degrés jusqu'à l'âme d'entendement. On pourrait dire qu'à chaque échelon, un des voiles qui enveloppe la réalité cachée tombe. Dans l'âme de conscience, cette réalité apparaît sans voile au plus profond du sanctuaire de l'âme. Elle n'y apparaît qu'à la façon d'une parcelle de spiritualité qui imprègne toute chose. C'est cependant là que l'homme doit tout d'abord saisir cette spiritualité. Il doit la reconnaître en lui ; il pourra ensuite la découvrir aussi dans ses manifestations.
La science spirituelle appelle "esprit" ce qui pénètre ainsi dans l'âme de conscience. Celle-ci est donc liée à l'élément spirituel qui est caché dans tout ce qui se manifeste. .../... Ce qu'il fait d'abord, c'est prendre possession de ce qui est caché dans les éléments inférieurs de son âme et il y parvient au moyen d'un travail de son Moi sur celle-ci. On voit de quelle façon il s'engage dans ce travail en comparant un homme qui s'abandonne entièrement à ses passions, à sa sensualité, avec celui qu'inspire un noble idéal. Ce qu'est ce dernier, le premier pourra le devenir s'il renonce à certains bas penchants et en cultive de plus nobles. Son Moi aura travaillé à ennoblir, à spiritualiser son âme. Il sera ainsi devenu le maître de sa vie intérieure. Cela pourra aller assez loin pour qu'aucun désir, aucune jouissance ne pénètre dans l'âme sans que le Moi lui en donne la possibilité. L'âme tout entière devient de la sorte une manifestation du Moi, ce que seule l'âme de conscience était auparavant. Au fond, tout ce qui est vie culturelle et effort spirituel chez l'homme consiste en un travail qui a pour but cette domination du Moi. Et tout être humain actuellement vivant est engagé dans ce travail, qu'il le veuille ou on, qu'il en ait conscience ou non.
Par suite de ce travail, la nature humaine s'élève à des degrés supérieurs d'existence. De nouveaux éléments s'y développent. Ils existent, cachés derrière ce qui se manifeste à l'homme, mais celui-ci peut faire plus qu'assurer par son travail la maîtrise du Moi sur son âme de telle façon que ce qui était caché se révèle. Il peut aller plus loin en étendant son action au corps astral. Le Moi se saisit ainsi de celui-ci en s'unissant à sa nature cachée. Dominé par le Moi et transformé par lui, le corps astral devient ce que la science spirituelle appelle "Moi spirituel", c'est à dire ce que la sagesse orientale appelle "Manas". Le Moi spirituel est un élément supérieur de l'être humain qui existe en lui à l'état de germe et que son travail sur lui-même met toujours plus en évidence.
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Pour vous donner envie d'en savoir plus... 😏
Extrait du livre "LA SCIENCE DE L'OCCULTE" de Rudolf Steiner
GA 13 - Premier tome - Chapitre II. L'être humain