Un nom pour cette force ? ... La Voie Royale de Mieke Mossmuller (extrait)
« Ce qui autrefois lui avait procuré la force de s’élever par la pensée au dessus et en dehors du matérialisme physique - cette force rebelle en lui - il la retrouvait ici l’appelant à l’éveil jusque dans les fibres et cellules de son corps. D’une part il n’est pas nécessaire de nommer cette force, puisqu’elle est à l’oeuvre qu’on le veuille ou non. D’autre part sa réalité va inévitablement être liée à des évènements extérieurs, et il convient de ne pas succomber à la tentation des préjugés qui inévitablement émergent lorsqu’on colle un nom sur une chose. Philippe décida de consacrer le restant de ses jours à préciser le contenu de ce nom, afin que ses élèves puissent comprendre que ce nom comporte infiniment plus que l’histoire de ce fils de charpentier au destin dramatique qui préoccupe tant les humains depuis vingt siècles. Le mouvement qui en est issu, érigé en Eglise, a provoqué autant d’abominations que de bienfaits. Il était temps d’avoir le courage de le distancier de toute Eglise ou mouvement religieux afin de représenter cet être, ce nom en toute liberté et en pleine conscience. Il donnerait des conférences, il se rendrait disponible pour tout enseignement individuel, prononçant chacun de ses mots depuis cet espace inconscient en lui relié à la présence de cet être divin, descendu sur terre comme un rayon de soleil et vivant parmi nous, même si les yeux physiques ne peuvent Le voir. Lorsque viendrait l’heure de sa mort, lorsqu’il jetterait rétrospectivement un regard sur ces années fertiles... s’il pouvait reconnaître avoir quelque peu contribué à faire évoluer le regard des gens envers leur plus grand Protecteur et Consolateur, faire reculer les préjugés... alors oui, il pourrait fermer ses yeux en paix et se préparer en pleine puissance à une nouvelle incarnation développant les mêmes objectifs... Il sentit la grâce s’ouvrir à lui, comme chaque fois lorsqu’il baissait la tête, joignait les mains, fermait les yeux et dirigeait fermement ses pensées vers son Seigneur. La grâce résidait dans Sa réelle présence, et dans cette réalité il entrait en contemplation, y puisant tout son savoir spirituel...
‘Ma conscience est le théâtre de Ton action...’ disait-il alors. ’Je veux Te laisser pénétrer ma vie jusque dans le moindre de mes gestes.’ Il était un prête non ordonné, un médecin sans équipement, un enseignant sans programme pédagogique. Son individualité, son essence éternelle, avait toujours eu un lien étroit avec le Christ, et avec l’intégration de dimensions toujours plus élevées de sa conscience individuelle, la conscience et la réalité de ce lien s’accentuait également. »
De Mieke Mossmuller, « La Voie Royale » - Editions Occident -Traduction Michel Claeys-Bouuaert - ISBN/EAN: 978 90 75240 53 5 NUR: 738 - 2016
Extrait page 350
